SOCIÉTÉ

Sénégal : l’ASUTIC interpelle le gouvernement sur la nécessité d’ouvrir le marché à un 4e opérateur télécoms

 L’Association sénégalaise des utilisateurs des technologies de l’information et de la communication (ASUTIC) est favorable à l’entrée d’un 4e opérateur sur le marché télécoms national. Au cours d’un entretien accordé le 10 octobre 2019 au journal Sud Quotidien,  Ndiaga Guèye (photo), le président de l’association, a déclaré qu’un nouvel acteur viendrait relancer la concurrence sur un marché où il en manque du fait d’un oligopole.

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« Dans un oligopole, les opérateurs n’ont pas intérêt à se faire la concurrence. Parce qu’en général, ce sont des marchés où la demande est très forte. Il y a peu d’offres, si vraies que les acteurs sont assurés d’avoir des revenus substantiels. Donc, ils ne se font pas la concurrence.

Depuis 15 ans, si vous consultez les tarifs qui sont sur le site de l’ARTP, les trois opérateurs ont les mêmes tarifs. On les appelle des tarifs alignés, a décrié le président de l’ASUTIC qui a ajouté que « là où il y a un semblant de concurrence, c’est au niveau des promotions. Or, les promotions ont pour objectif de complexifier la visibilité du marché des télécoms. Il est impossible de comparer deux offres pour voir laquelle est meilleure ».

En plus, Ndiaga Guèye a proposé au gouvernement trois autres solutions pour relancer la concurrence. « Premièrement, l’ARTP doit continuer à faire la baisse asymétrique des tarifs d’interconnexion […] La 2e mesure, c’est d’interdire les offres qui enferment le client dans les mêmes réseaux. Parce que de telles offres sont à l’avantage de l’opérateur dominant, qui a la base clientèle la plus importante. Cela empêche la fluidité du marché. La 3e mesure, c’est de faire la promotion du service de la portabilité qui a été mis en place depuis 2015. Peu de Sénégalais savent que ce service existe », a conclu le patron de l’ASUTIC.

Pour lui, bien que l’idée d’introduire des opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO) sur le marché ait semblé être la bonne pour diversifier les offres et les coûts, « ces opérateurs virtuels n’auront aucun impact sur le marché des télécoms en matière d’accessibilité et de qualité de réseau, et de tarifs. Parce que tout simplement ces opérateurs virtuels dépendent des opérateurs classiques. Ces MVNO vont acheter en gros chez les opérateurs classiques pour les revendre en détail. Donc, on ne peut pas être le concurrent de son fournisseur dans le même marché », a affirmé Ndiaga Guèye.

Source: Ecofin

Photo du profil de Moustapha Ndoye

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