FINANCES

Le crédit-bail et l’affacturage les nouveaux ailes de la BNDE aux PME

En marge du lancement de ses nouveaux produits que sont le crédit-bail et l’affacturage, le directeur général de la BNDE Thierno Seydou Nourou Sy et toute son équipe ont répondu à nos questions. Pour eux, ces deux produits peuvent changer la face et les performances des PME.

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C’est pour permettre aux entreprises qui veulent acheter du matériel ou faire une restauration de ce matériel et qui n’ont pas les moyens de le faire, ou qui ont dans leur bilan des contraintes qui font qu’elles ne peuvent pas le faire de pouvoir acquérir ce matériel via la banque. Alors comment ça va se passer pour le crédit-bail ? L’entreprises sollicite la banque après ce choix, la banque met à la disposition de l’entreprise ce bien d’équipement que l’entreprise va utiliser pendant une durée bien déterminée. A la fin de cette durée, l’entreprise a la possibilité soit, de racheter le bien ou bien de le recéder à la banque. Alors l’avantage de ce produit c’est que les entreprises ne seront plus liées à l’obsolescence des investissements. Lorsque vous êtes dans un domaine ou la technologie va très vite, et que chaque année, chaque cinq ans vous êtes obligés de changer de matériel. Vous n’êtes pas obligé en ce moment-là de garder ce matériel-là. Vous allez suivre l’évolution idéologique de votre secteur d’activité. Alors le crédit-bail va intéresser plusieurs activités notamment le transport, la manutention portuaire, le médical notamment surtout les cliniques et les cabinets médicaux qui ont aujourd’hui besoin d’équipements. Mais aussi ça concerne les entreprises qui vont investir dans le matériel d’exploitation. Donc aujourd’hui c’est un produit qui est accessible à tous les clients. La BNDE l’a lancé en mettant en place un département spécialisé avec des personnes dédiées. Ils vont accueillir la clientèle afin de les accompagner. C’est souple, c’est flexible. Il n’y a pas de garantie et le payement est assez étalé sur le plan de la durée. En plus, cela permet à l’entreprise d’avoir un équipement aux standards de son secteur d’activité, de le renouveler sans problème ou bien de le garder. Voilà, un peu l’avantage du crédit-bail. Quant à l’affacturage ça sert à alléger l’entreprise dans son post clientèle. Vous savez les entreprises, des fois, sont obligées de prêter ou de donner un délai de payement à leurs clients, ce n’est pas le rôle de l’entreprise. L’entreprise n’a pas pour rôle de faire du crédit à ses clients, c’est à la banque de le faire. Donc nous allons nous substituer à l’entreprise pour reprendre son portefeuille client afin de lui donner la trésorerie qu’il lui faut, régénérer du cash et travailler sans se soucier de la solvabilité du client. Nous nous proposons effectivement de voire toutes les entreprises qui ont des créances, bien sûr saines, des clients potentiels, afin pouvoirs racheter ses créances-là  en leurs donner la liquidité. Nous nous chargerons du recouvrement de la caisse.

 Il y a deux types d’affacturages. Il y a l’affacturage avec recours et l’affacturage sans recours. L’affacturage avec recours effectivement la banque va trouver des palliatifs pour pouvoir demain, si le client ne paye pas, recouvrer sa trésorerie par le biais de compagnies d’assurances. Et l’affacturage sans recours, c’est lorsque l’entreprise accepte si le client ne paye pas, de pouvoir payer à la place du  client. Mais, quoi qu’il en soit, ça permet à l’entreprise de se soulager et de retrouver sa liquidité. Parce que nous nous sommes rendu compte que le véritable problème des PME, c’est un besoin en fonds de roulement. Lorsque la PME a réglé le problème en fonds de roulement, elle a la possibilité de penser à son développement. Et le développement d’une entreprise est le point le plus important pour nous. Parce qu’il ne suffit pas de travailler tout le temps, dans la routine bien sûr, il faut aussi progresser dans l’activité en créant des emplois, en se développant, en investissant. Alors l’affacturage et le crédit-bail  sont ces produits qui permettent à l’entreprise de satisfaire ses besoins d’équipements et ces besoins de fonctionnement.

Avez-vous les moyens de votre politique. Les ressources nécessaires pour financer les besoins des PME qui viendront solliciter ses fonds ?

Pour l’affacturage, je vous informe que nous avons bénéficié d’une ligne de 10 milliards FCFA d’Afreximbank. Donc nous attendons aujourd’hui le business. Nous nous attendons à ce que les entreprises nous proposent des bonnes contres-parties en retour. Il faudra aussi qu’elles jouent le jeu et ne pas dire que « je vais donner les mauvais clients ». Il faut qu’elles nous donnent les bons clients. Pour le crédit-bail, nous avons maintenant une ligne de crédit-bail d’à peu près 2 milliards FCFA. Là aussi nous attendons à ce que des entreprises qui souhaitent renouveler leurs équipements nous sollicitent et nous allons travailler ensemble pour pouvoir le faire. Donc la BNDE est prête et a les moyens pour le faire. Ce sont maintenant les entreprises qui doivent venir pour proposer leurs offres et éventuellement une simple demande pour être contacter.

A quelle condition pour ces entreprises-là ?

Les conditions sont simples. Toutes les personnes qui souhaiteraient être accompagnée peuvent aller à l’immeuble Sophie Mbaye au point E. La banque a créé un département spécialement pour ça. Les équipes sont déjà disponibles. Concernant l’accompagnement, il faut dire déjà que la BNDE en tant que banque de développement a voulu se démarquer un peu de certains taux pratiqués sur le système bancaire pour proposer des taux qui sont inférieurs à 10% donc nous sommes compétitifs par rapport à cela. Sur le crédit-bail, nous feront à des taux plus compétitifs que les crédits d’investissement. Sur l’affacturage nous seront à des taux plus compétitifs que le crédit de découvert. Mais c’est un peu difficile de dire tel taux. Le taux dépend du risque de la clientèle si la contrepartie est risquée le taux est plus élevé. Si c’est une contrepartie simple, le taux est moins élevé. Mais,  ce qu’il faut savoir c’est que les taux d’intérêt ne dépassent pas les taux de marchés du marché inter bancaire qui se trouve le taux de 6 à 7%. Ce qui est important, ce n’est pas le taux mais c’est l’accès de ce mode de financement. Ce qui est important pour la PME c’est de dire est ce que la marge que je dégage peut être couverte par le taux d’intérêt qu’on m’applique. C’est qui est important pour la PME c’est de dire j’avais besoin de trésorerie, une banque m’a donné cette trésorerie pour que je puisse régénérer cette trésorerie. Ce qui est important c’est qu’avec ces mêmes produits l’entreprise fonctionne, crée des emplois et participe au développement économique du Sénégal.

L’agriculture, la pêche… comment faire pour que ces gens puissent bénéficier de l’affacturage, du crédit-bail… ?

Pour l’agriculture comme vous l’avait vu dans la présentation, je pense que c’est le secteur qui devrait normalement beaucoup utiliser le crédit-bail parce que les machines agricoles sont aujourd’hui  obsolètes. Je peux citer des tracteurs, des moissonneuses batteuses…, on les accompagne mais il faut avoir une assiette foncière assez suffisante. Il suffit d’avoir une activité et aussi de produire une spéculation agricole qui est vendable capable de générer du cash. Donc pour l’agriculture je pense que c’est assez clair. Pour la pêche, il y’a deux volets : le volet matériel de pêche pirogues ou bateaux, il y a aussi le volet transport frigorifique… Alors sur le deuxième volet, la partie transport de matériels frigorifiques nous sommes déjà dedans. Je ne citerai pas le nom de la société mais elle était là, nous avons aujourd’hui pratiquement plus d’1 milliard FCFA en camions frigorifiques que nous avons financé sur le crédit-bail bientôt mis sur le marché. C’est fabriqué au Sénégal. C’est des camions frigorifiques fabriqués au Sénégal. Les kits sont achetés à l’étranger mais c’est monté au Sénégal. C’est une société sénégalaise qui les assemble et qui les met à la disposition des pécheurs. Maintenant il faudra qu’on réfléchisse parce que tout secteur qui doit être accompagné doit être aussi organisé donc si le secteur est organisé si on sait qui est qui et comment ça fonctionne, nous sommes prêt à mettre en place les moyens pour accompagner ces secteurs d’activités.

 

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